cardioscope.jpgPremière nuit, service de soins intensifs. On accueille un patient peu après 21H, il vient pour une intoxication à la morphine et aux AINS. Ces antécédents sont importants. Il est agé. Il est somnolent et gémit. On suppose qu'il est douloureux. L'interne et le médecin sont là et font leur possible pour que sa douleur soit soulagée. Vers 3H du mat, un brancardier arrive. Ils ont décidé de lui faire passer un scanner. A son retour, le médecin hésite.
Il ne sera pas envoyé en réa cette nuit là.

Deuxième nuit. Après un soins relativement important, sa tension chute. Un autre interne et un autre médecin sont présents. Son état s'étant aggravé, une équipe SMUR arrive en renfort, contact avec d'autres médecins. Après quelques deux heures de discussion et de concertation médicales, il est décidé qu'il reste dans le service. Avant que le senior aille se couche, l'interne lui pose une dernière question:

"je peux le bourrer d'antalgique?
Réponse sur un ton résigné:
-Fait en sorte qu'il ne souffre pas"

Le verdict venait de tomber, il restera dans le service pour mourir.